1) L’exposition excessive au rayonnement solaire est le principal facteur de risque.

Le rayonnement ultra-violet (de 2900 à 3200 A de longueur d’onde) direct ou réfléchi par l’eau ou la neige est reconnu comme un facteur essentiel de la dégénérescence actinique de la surface oculaire.

La cornée joue le rôle d’un dôme convergent, qui contribue à concentrer les rayons solaires atteignant le visage au niveau du limbe nasal (jonction entre le blanc de l’œil et la cornée du côté du nez) comme le ferai une loupe ce qui explique la localisation préférentielle du ptérygion à cet endroit. Le reste de la circonférence de la cornée est en effet relativement protégé par les reliefs de la face (arrête du nez, rebord du sourcil)

Les sujets exposés sont

  • les patients ayant vécu leur enfance et adolescence en milieu ensoleillés (pourtour méditerranéen et Maghreb, Afrique, Océan indien, Asie du sud est, Antilles)
  • les professionnels de plein air (agriculteurs, marins, montagnards)
  • les patients pratiquant des activités de plein air intensive (nautisme, haute montagne)

 

2) Le ptérygion s’installe et progresse à la faveur d’un trouble chronique de l’étalement du film de larmes protecteur de la surface oculaire

Le film lacrymal joue une fonction protectrice essentielle pour la surface oculaire.

Le clignement des paupières contribue au cours de la vie à amonceler des déchets sous-conjonctivaux, et notamment des graisses (lipides) sous forme d’un dépôt jaunâtre, appelé pinguecula, adjacent à la cornée sur le méridien horizontal à 3h et 9h.

La pinguécula crée un relief gênant l’étalement des larmes lors du clignement.

Il se forme de ce fait en regard de l’aspérité (comme sur un pare-brise de voiture) une tache sèche au niveau de laquelle apparaît progressivement un micro-ulcère chronique.

A la faveur d’une défaillance des cellules souches limbiques impliquées dans la cicatrisation normale de la cornée, le tissu conjonctival participe à la réparation de ce micro-ulcère en dépêchant des contingents de cellules fibroblastiques

Ce mécanisme est favorisé par une déficience du film de larmes (sécheresse oculaire primitive ou secondaire) et une carence en vitamine A dans les pays défavorisés.

3) D’autres facteurs de risque potentialisent l’effet destructif du rayonnement solaire sur la surface oculaire

  • exposition aux rayonnement UV et infrarouges non solaire (soudeur, souffleur de verre, pizzaiolo, boulanger, fabricatios des émaux)
  • exposition aux agents irritants (poussière, vent, ciment, sable)
  • infection ou inflammation chronique de la surface oculaire (trachome par exemple)

4) Il existe enfin de rare formes génétiques, particulièrement invasives.

Un ptérygion familial a été décrit dans certaines formes d’acromégalies héréditaires.