Complications et effets indésirables potentiels[horizontal_line style=”8″ margin_top=”0″ margin_bottom=”0″]

Comme pour toute procédure chirurgicale, l’équipe par laquelle vous serez pris(e) en charge assurera des soins attentifs, diligents et conformes aux données actuelles de la science. Malgré toutes les précautions nécessaires, des complications opératoires ou postopératoires demeurent possibles et sont le plus souvent bénignes, mais parfois plus sérieuses.

La fréquence des complications dépend de l’expérience du chirurgien et de la technologie employée. Lin et Maloney ont montré par exemple que dans une série de 1019 cas que le taux de complication passe de 6% sur les 100 premiers cas à 0.3% sur les 300 derniers.

La liste suivante décrit les principales complications rapportées à ce jour.

A) Complications transitoires ou bénignes (fréquentes) :[horizontal_line style=”5″ margin_top=”1″ margin_bottom=”0″][/horizontal_line]

1) L’imprécision de la correction et les retouches

La sous-correction (persistance d’une myopie gênante pour la vision de loin mais favorable pour la vision de près sans correction, notamment après 40 ans) et la sur-correction (hypermétropie) peuvent faire l’objet d’une retouche dans 0.5 à 3 % des cas. Le délai habituel pour cette retouche est de 3 à 12 mois en fonction de la technique employée, de la stabilisation de la correction obtenue et de la gêne ressentie. La retouche est gratuite la première année.

Après PKR de surface il est habituel d’attendre au moins 1 an pour refaire un complément de PKR. Après Lasik, il est habituel d’attendre en général 1 mois par dioptrie de myopie corrigée, pour retoucher en soulevant simplement le volet (il n’est pas nécessaire de refaire une découpe) ou en faisant une PKR de surface. Après Smile, une PKR de surface est généralement choisie ou un complément de découpe au laser femtoseconde (logiciel Zeiss « Circle » permet de transformer le Smile en Lasik classique)

Exceptionnellement, en cas d’insuffisance de l’épaisseur ou de déformation évolutive de la cornée, une retouche s’avère impossible. D’autres traitements spécifiques peuvent parfois êtres proposés.

2) La sécheresse oculaire

De nombreux sujets optant pour la chirurgie réfractive au laser Excimer, présentent une intolérance aux lentilles de contact, du fait le plus souvent d’une sécheresse de l’œil. Après Lasik, il est fréquent d’observer la persistance d’une gêne occasionnelle chez ces patients, (picotement oculaire, sensation de corps étranger déclenchée par le vent, la poussière, ou le froid) pendant 3 à 6 mois (environ 10 à 30% des cas). Un traitement adapté (larmes artificielles à base de hyaluronate de sodium, sans conservateur, en unidoses ou en flacons spécifiques est utilisé à volonté pendant les 6 premiers mois et se révèle le plus souvent efficace et suffisant. Des bouchons lacrymaux temporaires peuvent être placé facilement (en quelques secondes) pour les cas plus sérieux.

3) Les hémorragies sous conjonctivales

La succion nécessaire à l’application du laser femtoseconde sur l’œil entraîne parfois une effusion de globules rouges par simple aspiration sous la conjonctive (membrane constituant le blanc de l’œil)(environ 40% des cas). Ces ecchymoses superficielles n’ont aucune conséquence sur la visio et se résorbent spontanément en quelques jours. Elles sont plus fréquentes avec le laser femtoseconde IntraLase utilisé pour l’UltraLasik qu’avec le laser Visumax utilisé pour le Smile, en raison dune aspiration plus forte de la surface oculaire, qui améliore la fiabilité de la préparation du volet de Lasik.

4) La sensibilité à la lumière

Chez les patients opérés avec l’Intralasik, il a été rapporté une sensibilité anormale à la lumière (« TLS ou transient light sensitivity syndrome »), gênante dans des cas très rares (1 sur 1000 environ). Ces cas répondent bien au traitement local par des gouttes de cortisone si celui-ci est institué sans délai. Ce problème est spécifique du laser femtoseconde de première génération (UltraLasik), et n’est pratiquement plus observée avec les lasers de 2ème, 3ème et 4ème générations. Il est parfois rencontré après PKR en cas de prise de Roacutane pour l’acné dans les antécédents.B) Complications plus sérieuses (rares ou exceptionnelles) pendant la procédure :

1) Problèmes de fonctionnement du laser excimer ou du laser femtoseconde (PKR, Lasik, Smile)

Les instruments utilisés pour la découpe lamellaire ou la sculpture de la cornée sont des matériels de très haute technologie. Malgré les soins particuliers apportés à leur maintenance, des dysfonctionnements sont exceptionnellement possibles. L’intervention peut être de ce fait interrompue et reportée de quelques jours (moins d’1 cas sur 1000).

2) Incidents de découpe lamellaire (Lasik, Smile)

Lors de la réalisation de la découpe cornéenne lamellaire, une perte de couplage entre l’instrument et la cornée peut être responsables d’une découpe cornéenne irrégulière ou incomplète. L’intervention peut être de ce fait soit complétée manuellement soir interrompue et reportée de quelques jours ou quelques semaines (moins d’1 cas sur 3000). Ces incidents sont 4 fois plus fréquents avec les microkératomes mécaniques (abandonnés depuis 2004 à la Clinique de la Vision) qu’avec le laser femtoseconde récents. Dans la technique Smile, ces incidents sont plus fréquent qu’en FemtoLasik (environ 0.6% des cas).

3) Décentrement d’ablation au laser excimer ou femtoseconde (PKR, Lasik, Smile)

Le décentrement de l’ablation est en principe complètement évité par le système d’eyetracking par reconnaissance irienne automatisé (Laser Bausch&Lomb Z100 traitement Zyoptix personnalisé dans le PresbyLasik Supracor) ou par neurotracking (Wavelight F-Cat). Il arrive exceptionnellement qu’un décentrement de l’ablation puisse gêner la vision et nécessiter la réalisation d’une retouche au laser 1 à 6 mois plus tard (moins d’un cas sur 2000).

4) Abrasion épithéliale (Lasik, Smile)

Une compression importante, responsable d’un effet de friction est nécessaire pour la réalisation du volet. Cette friction ainsi que les manipulations du volet peuvent parfois entraîner l’abrasion du tissu de surface, appelé épithélium (équivalent de l’épiderme de la peau pour la cornée). Cette complication est favorisée par l’âge (plus fréquente après 50 ans), par l’ancienneté du port de lentille de contact (en particulier lentilles rigides) et par l’existence d’un défaut constitutif ou acquis (post-traumatique) de l’adhésion épithéliale.

Il est important de signaler à votre chirurgien d’éventuels antécédents d’érosions récidivantes de la cornée, caractérisée par des douleurs survenant notamment à l’ouverture des yeux le matin ou vous réveillant parfois en fin de nuit. L’abrasion épithéliale n’a que très peu de conséquences lorsqu’elle est limitée. Dans le cas d’abrasion plus importante, la chirurgie peut être complétée, mais il est nécessaire de mettre en place une lentille de contact pendant 72 heures, et de contrôler l’état de l’œil quotidiennement pendant cette période.   En cas d’abrasion complète, l’ablation laser ne peut être réalisée et doit être reportée de quelques semaines. L’abrasion épithéliale entraîne un risque accru d’inflammation de l’interface et d’invasion épithéliale de l’interface (voir ci-dessous).

C) Complications plus sérieuses (rares ou exceptionnelles) après l’intervention:[horizontal_line style=”5″ margin_top=”1″ margin_bottom=”0″][/horizontal_line]

1) L’Infection de la cornée (PKR, Lasik, Smile)

Comme après toute chirurgie, le tissu cornéen offre une plus grande sensibilité aux infections, bactériennes, fongiques ou virales (herpès). Des cas exceptionnels d’infection ou d’inflammation cornéenne, ont été décrits pouvant aboutir à la formation d’un abcès de cornée, et d’une cicatrice gênante pour la vision. L’agent infectieux en cause est en général hébergé par le patient lui même. Les conditions opératoires (principe de l’intervention, nature antiseptique des larmes, traitement laser sous flux laminaire, matériel à usage unique) sont particulièrement peu propices à une contamination pendant l’intervention. Le risque est un peu plus important pour la PKR en raison de la durée de la cicatrisation et du port d’une lentille pansement les 3 premiers jours pour minimiser la douleur postopératoire (1 cas sur 1000 environ).

Il est très important de respecter les consignes préventives (surveillance postopératoire attentive, report de l’intervention en cas de maladie aigue, arrêt des lentilles 3 jours avant l’intervention, arrêt du maquillage 2 jours avant et 8 jours après, éviter l’eau du robinet dans l’œil pendant 8 jours, éviter l’eau de piscine, rivière ou lac pendant 3 semaines)

2) L’Invasion épithéliale de l’interface (Lasik, Smile)

Les cellules de la surface de la cornée peuvent au cours de la cicatrisation post-opératoire, s’insinuer au niveau de l’interface entre la lamelle cornéenne de surface et la cornée traitée par le laser (1 cas sur 200). Cette cicatrisation anormale est exceptionnellement responsable de la formation d’opacités et d’astigmatisme irrégulier. Elle peut nécessiter une réintervention sous anesthésie par goutte, afin de nettoyer l’interface. L’invasion épithéliale est plus fréquente après reprise chirurgicale (retouche).

3) L’inflammation de l’interface (Lasik, Smile)

L’inflammation de l’interface cornéenne (Syndrome SOS « Sand of the Sahara » ou DLK « Diffuse Lamellar Keratitis » survient dans les deux premières semaines suivant l’intervention. Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité (allergie retardée) à des composants des larmes ou de la flore microbienne de la surface de l’œil (1 cas sur 200 à 500). Il ne s’agit pas d’une infection (1 cas sur 500). Dans les formes bénignes, l’acuité visuelle est bien conservée, mais on ressent une impression de “voile”, limitant la qualité de vision. Cet état nécessite l’instillation de gouttes de cortisone pendant une à deux semaines.   Dans les formes plus sévères, extrêmement rares, l’acuité est limitée par l’intensité de la réaction inflammatoire. Ceci nécessite parfois une ré-intervention bénigne pour laver l’interface avec une solution anti-inflammatoire de cortisone.

4) Les problèmes de cicatrisation (PKR)

Un retard de cicatrisation (au delà du quatrième jour, environ 2% des cas, et jusqu’à 2 semaines, environ 1 cas sur 1000) peut être observé après PKR. Il est favorisé par l’âge, la prise de Roacutane dans les antécédents et l’utilisation de collyres toxiques en postopératoire (aminosides, conservateurs).

Exceptionnellement, chez certains sujets, l’absence de cicatrisation de la cornée, peut contribuer à la formation d’un ulcère cornéen, pouvant évoluer vers la perforation du globe. Les facteurs de risque sont les sécheresses oculaires sévères, dans le cadre de maladies générales dites “auto-immunes” telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, la périartérite noueuse, le syndrome de Sjogren etc… Si vous pensez que vous, même ou l’un des membres apparentés de votre famille, êtes porteur d’une telle affection, nous vous encourageons vivement à le signaler avant l’intervention à votre chirurgien. Ces problèmes décrits avec la photoablation de surface (moins de 1 cas sur plusieurs millions) n’ont pas été rapportés à ce jour avec Lasik ou le Smile

5) L’ectasie de la cornée (Lasik, Smile)

Il s’agit d’une déformation de la cornée à long terme entraînant un astigmatisme irrégulier et une myopie progressifs. Cette déformation est probablement la conséquence d’une faiblesse mécanique constitutive de la cornée (kératocône infraclinique) révélée ou majorée par le Lasik ou le frottement de l’oeil. La topographie d’élévation (Orbscan, Pentacam) et la topographie épithéliale RTVue, l’analyse mécanique de la cornée (ORA) sont considérées actuellement comme les méthodes de dépistage les plus sensibles. Le risque d’ectasie est majoré chez les sujets de moins de 25 ans, en cas de cornée mince (inférieure à 500 µm), de correction myopique importante (plus de 8 dioptries), de volet trop épais ou de mur postérieur résiduel insuffisante (inférieur à 250 µm). Cette complication, décrite pour le Lasik myopique (1 cas sur 10000 actuellement) semble beaucoup moins probable pour la PKR (moins de 1 cas sur 1 million rapportés) et peu être pour le Smile. Le traitement des ectasies cornéenne post Lasik fait appel en général à une correction efficace par lentilles de contact rigides. Très exceptionnellement, une chirurgie par anneaux intracornéens ou crosslinking du collagène par UVA peut être requise.

6) Le ptosis

Le ptosis est la chute de la paupière survenant après la chirurgie de l’œil, faisant paraître l’œil plus “petit”, du fait du rétrécissement de la fente palpébrale. Cette complication, exceptionnelle (moins d’un cas sur 10000) après chirurgie réfractive, est réversible spontanément en quelques mois. En cas de persistance gênante après un an, elle peut faire l’objet d’une correction chirurgicale simple, sous anesthésie locale.

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